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Électrification des transports

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L'électrification des transports : une perspective québécoise

 
 
Ce rapport se veut un état des lieux en matière d’électrification des transports et un questionnement sur la position du Québec dans ce domaine : son potentiel, ses atouts et ses limites. Les sujets abordés sont à la fois le transport individuel (voitures), les transports publics (trains et autobus), le transport de marchandises, ainsi que les nouveaux transports électrifiés, interconnectés et intelligents.
 
En un premier temps, le rapport aborde l’électrification des transports individuels et ses corollaires, en particulier les aspects technologiques couvrant les technologies de batteries, la recharge et son impact sur les réseaux de distribution, ainsi que la motorisation électrique. L’adoption de véhicules électriques par les utilisateurs est une notion importante, considérant les freins et leviers à l’achat, l’émergence de nouveaux modèles d’affaires, les impacts environnementaux et les politiques publiques encourageant son adoption. Les efforts de recherche et le développement et les politiques publiques nécessaires au déploiement de réseaux de recharge sont également des notions importantes à tenir en compte dans un contexte d’électrification des transports individuels. Et pour soutenir ceci, des aspects portant sur la réalisation de réseaux de distribution d’électricité intelligents, la recherche et le développement et les politiques publiques sont également abordés.
 
Le rapport traite également de l’électrification des transports publics et de marchandises. Comme pour les transports individuels, un état de l’art des technologies de stockage d’énergie et de recharge est présenté, avec une discussion de leur impact sur les réseaux de distribution. Le rapport dresse un portrait de l’électrification actuelle des camions, des autobus et du transport sur rails, avec les impacts économiques et environnementaux qui y sont associés, ainsi que les politiques publiques existantes pour encadrer les actions. Un constat est que les limites imposées par les batteries freinent l’électrification des camions, qui se développe essentiellement pour les livraisons intra-urbaines. En ce qui concerne les autobus, des alternatives comme le biberonnage ou l’induction sont expérimentées. L’électrification des flottes d’autobus est planifiée pour la décennie 2020. Entre temps, l’hybride apparait, pour les camions comme pour les autobus, comme une solution de transition. En ce qui concerne le rail, l’électrification massive n’est pas d’actualité au Québec. Seules certaines lignes de trains de banlieue autour de Montréal ont un potentiel d’électrification.
 
La logique de substitution d’un véhicule à moteur à combustion interne par un véhicule électrique ne permet pas de résoudre fondamentalement les problèmes de transport : l’engorgement reste le même. De plus, les impacts environnementaux associés au cycle de vie des véhicules électriques rendent la seule électrification comme une solution moins attrayante. Pour développer des modes de transport durables, une transition socio-technique est indispensable. Au-delà des évolutions technologiques, elle nécessite une évolution culturelle et des modes d’organisation du transport. Cela suppose de faire évoluer les usages, en réduisant le besoin de mobilité et de longueur des trajets et en réorganisant les espaces à travers l’aménagement du territoire et le développement urbain. En ce qui concerne l’organisation du transport, le rapport explore les voies ouvertes par la combinaison de l’électrification, de l’interconnectivité et de l’intelligence des transports. Le concept d’Internet Physique, est introduit comme une façon de repenser les systèmes de transport. Le but est d’optimiser globalement la circulation des marchandises et des passagers au sein d’un réseau de hubs exploitant les différents modes de transport existants. Le rapport décrit comment l’organisation de la livraison intra-urbaine dans certaines villes s’inspire de ces principes et permet de réduire le nombre de véhicules sur les routes et les impacts environnementaux.
 
Les freins à la mise en oeuvre d’un transport électrifié, intelligent et interconnecté sont multiples : incertitude technologique, nécessité de faire évoluer les valeurs et la culture de transport et le cadre légal, niveau d’investissement nécessaire élevé, etc. Pour les lever, un engagement fort de la puissance publique est nécessaire afin de stimuler et accompagner la transition. Le rapport explore les différents modes d’intervention possibles et les politiques qui y sont associés. Elles se résument en deux catégories : une première catégorie prônant des solutions technologiques, telle que l’électrification des transports, et une deuxième catégorie recherchant un transfert modal, c’est-à-dire un transfert du mode de transport individuel en automobile vers les modes de transport public ou actif (bicyclette, marche).
 
Le Québec a de nombreux atouts pour être un leader dans la transition vers un transport électrifié, intelligent et interconnecté. L’énergie hydroélectrique est n’émet pratiquement pas de gaz à effet de serre et son prix est relativement bas. Depuis la recherche jusqu’à la fabrication de véhicules électriques, la filière est dynamique et compte de grands donneurs d’ordres comme Hydro-Québec, Bombardier et Nova-Bus, qui peuvent avoir un effet d’entraînement. La vente des véhicules électriques est aussi plus dynamique au Québec qu’ailleurs au Canada.
 
La conclusion de ce rapport est qu’au-delà des seules innovations technologiques ou des améliorations du système existant, un changement de régime socio-technique est nécessaire. Il s’agit en fait de combiner des évolutions technologiques, des évolutions culturelles en matière de valeurs et de représentations des utilisateurs (par exemple, l’attachement à posséder une voiture, la perception des enjeux environnementaux), ainsi que des évolutions dans les modes d’organisation du transport. Pour saisir ces opportunités un engagement fort et convergent de tous les acteurs est nécessaire : puissance publique, industriels et citoyens. La transition vers un transport électrifié, intelligent et interconnecté est, au-delà de l’opportunité technologique, un choix de société.