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Résumé colloque 2013 - Table ronde (5 mai)

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La ville intelligente, une nouvelle approche pour penser la sphère urbaine

 
Le dimanche 5 mai 2013, l’ITIS présentait la table ronde « Une vision commune pour créer des villes intelligentes », activité grand public présentée dans le cadre du 81e congrès de l’Acfas, au Cercle dans le centre-ville de Québec, afin de lancer son colloque « Bâtir la ville de demain ». Au menu : six participants et participantes, six visions de la ville intelligente, afin de permettre au public présent de découvrir réflexions et perspectives sur le sujet, et cela, tout en mettant la table en vue des cinq jours de colloque qui suivraient.
 
La table ronde, animée par la journaliste Françoise Guénette, a été présentée de 16 h à 18 h, devant plus de 60 personnes. Autour de la table, les participants : Marie-Andrée Doran, directrice de l’Institut Technologies de l’information et Sociétés (ITIS) de l’Université Laval, Stéphane Roche, professeur au Département des sciences géomatiques de l’Université Laval, Raymone Séchet, vice-présidente de la Recherche et de la Valorisation à l’Université de Rennes 2, Carl-Frédéric de Celles, président de l’entreprise iXmédia, Carl Viel, président-directeur général de Québec International, ainsi que Jean-François Gauthier, président-directeur général de l’Institut sur la gouvernance numérique.
 
Les intervenants étaient d’abord invités à présenter leurs réflexions sur la thématique des villes intelligentes en une dizaine de minutes ou moins. Par la suite, un échange libre, d’une trentaine de minutes, suivrait.
 

Définir les villes intelligentes

 
« La thématique des villes intelligentes, c’est une façon autant qu’une occasion de se questionner sur les villes, de changer nos façons de faire pour les gérer », a énoncé la directrice de l’ITIS, Marie-Andrée Doran, première à prendre la parole. Pour elle, une ville intelligente, ou « ville futée », c’est une ville qui intègre les TIC à grande échelle afin d’améliorer son efficacité de gestion, tout en maintenant et développant son attractivité et sa compétitivité. Ville intelligente? Oui, « car elle simule l’intelligence humaine », explique-t-elle. Le numérique, à l’image du système nerveux dans le cerveau humain, vient lier entre eux les différents systèmes de gestion, rendant plus efficace la communication. Un projet ambitieux qui ne peut être mis en place, selon Mme Doran, que grâce à la présence d’infrastructures numériques, d’une volonté politique, et d’un désir des citoyens à intégrer ces outils. « En résultent des villes plus prospères, durables, citoyennes et inclusives ».
 
Toutefois, observe le professeur Stéphane Roche, de l’Université Laval, il n’y a pas de modèle unique pour les villes intelligentes, chaque réalité urbaine étant différente. La notion d’intelligence est ainsi liée à l’information et ses acteurs, rattachés à une panoplie d’outils : technologies mobiles, sociofinancement, dématérialisation, géolocalisation, socialisation numérique… Bref, la production spontanée d’information, faisant que c’est l’action qui se passe dans un lieu donné qui prime sur le lieu lui-même. « Une ville intelligente, c’est des moyens technologiques, conceptuels et théoriques pour repenser la ville et l’engagement public », ajoute M. Roche.
 

Rennes et Québec, villes intelligentes?

 
Raymonde Séchet, de l’Université de Rennes 2, a pour sa part axé sa présentation sur les initiatives mises en place dans la région métropolitaine de Rennes : FabLab, cantine numérique, opérations de médiation urbaine, utilisation du multimédia, données ouvertes… Une région dynamique, dont l’ébullition s’explique selon Mme Séchet par les liens forts entre milieux politiques, économiques et universitaires. Le potentiel d’innovation est donc ainsi maximisé par des projets structurants, tel l’Institut de recherche technologique B-Com, en gestation. « La ville intelligente est liée au vivre ensemble dans la ville, au vivre ensemble entre ville et campagne », conclut Mme Séchet.
 
À Québec, c’est l’engagement des citoyens qui a servi et peut toujours servir de moteur pour l’innovation, estime Carl-Frédéric de Celles, directeur d’iXmédia. Par exemple? Le réseau sans fil de ZAP Québec, pensé et mis en place par des citoyens. « La ville intelligente, c’est être capable de penser autrement, d’agir rapidement », estime-t-il. Selon lui, il faut pouvoir laisser libre cours à sa créativité, développer, collectivement, des outils et levier pour faciliter la mise en place d’initiatives et de projets novateurs. « Et, pour ça, il faut aussi s’inspirer de la méthode agile : pouvoir livrer rapidement des réalisations, et pouvoir les corriger tout aussi rapidement. »
 
Ces initiatives, couplées à divers projets structurants, avaient d’ailleurs mené la ville de Québec à figurer, en 2012, au Top 7 des villes intelligentes de l’Intelligent Community Forum. Prenant ensuite la parole, le président-directeur général de Québec International, Carl Viel, a d’ailleurs rappelé les faits saillants de cette expérience, tout en indiquant au public présent quelques leçons à tirer de ce processus. « Il n’y a pas de recette miracle : c’est une combinaison de facteurs qui feront qu’on sera capable d’avancer à notre rythme », remarque-t-il. Parmi les éléments clés pouvant faire de Québec une ville intelligente, il cite d’abord la nécessiter d’innover, de revoir constamment nos façons de faire pour continuer d’avancer. Cela, avant de mettre l’emphase sur l’importance de la diversité dans la construction urbaine : celle des acteurs, celle des perspectives. « Il faut des visions et des idées qui convergent », note M. Viel.
 

Des villes intelligentes pour une meilleure participation citoyenne?

 
Enfin, Jean-François Gauthier, de l’Institut sur la gouvernance numérique, s’est pour sa part questionné quant aux façons par lesquelles la population pourrait influencer ses décideurs face aux nouvelles formes d’innovations amenées par le numérique. « Aujourd’hui, les gouvernements ne doivent plus essayer de suivre l’évolution des technologies : ça va trop vite, ça coûte trop cher », a-t-il lancé. Il y a nécessité donc, selon lui, de permettre l’émergence d’une nouvelle culture de l’innovation, changeant la relation entre citoyens et appareil public. « Aujourd’hui, les projets qui sont les plus porteurs sont développés par la créativité citoyenne. L’État doit changer de rôle, il doit passer de producteur d’information à diffuseur d’information », fait valoir M. Gauthier.
 
D’ailleurs, l’importance de la synergie entre les différents acteurs du milieu (administrateurs, chercheurs, gens d’affaires, citoyens) autant que l’émergence d’outils et d’approches favorisant et maximisant l’engagement des citoyens furent les éléments qui furent tout particulièrement mis de l’avant au fil de la période de discussion.
 

En lumière de tout ça, qu’est-ce qu’une ville intelligente? L’animatrice Françoise Guénette a invité les participants à se prononcer, avec l’aide, uniquement, de quelques mots clés. Le résultat? Entre autres : une ville durable, prospère, inclusive… Une ville ouverte, agile… Une ville citoyenne, innovante, humaine, connectée.  

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