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Renée Bourassa

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Entre art et mulTImédia

 
Bien avant de devenir professeure à l’École des arts visuels de l’Université Laval, c’est en tant qu’artiste et femme d’affaires que Renée Bourassa a fait sa marque dans le monde du multimédia, et ce, dès le début des années 1980. C’est d’ailleurs pour sa vaste expertise dans ce domaine que l’Université Laval s’est empressée de la recruter une fois son doctorat complété.
 
« J’ai toujours eu le désir de contribuer à la recherche dans ce domaine, et c’est ce qui m’a amenée, plus tard dans ma vie, à faire mon doctorat avec la visée de devenir professeure », explique Madame Bourassa, qui est entrée en poste à Laval il y a à peine un peu plus de deux ans.
 
Il faut dire que Renée Bourassa a fait partie de ces pionniers du multimédia au Québec. « Dans les années 1980, il n’existait pas de formation collégiale ou universitaire en province dans ce domaine. Pour les gens comme moi, qui s’intéressaient au multimédia interactif ou au multimédia de scène, nous apprenions notre métier par la bande », se rappelle-t-elle.
 
Artiste avant tout, c’est par la force des choses que Renée Bourassa a porté le chapeau de gestionnaire, elle qui a dirigé deux entreprises bien connues dans le domaine du multimédia dans la Vieille Capitale : Nexus et Thot multimédia.
 
« Avec Nexus, au milieu des années 1980, nous oeuvrions dans le domaine des arts médiatiques et de l’interface entre les arts et les sciences. Ensuite, j’ai commencé à travailler dans le domaine du CD Rom interactif où j’ai touché à divers projets concernant les communications scientifiques. C’était les premiers balbutiements de cette industrie dans la région. À cette époque, juste de convaincre un ministère d’investir de l’argent dans ce genre de projet était difficile : les fonctionnaires ne comprenaient même pas de quoi on parlait! C’était un médium encore à venir au Québec et dans la fonction publique, on ne sentait pas le besoin de prendre cette voie. »
 
Mais subitement, les choses ont pris un tournant inattendu quand, au milieu des années 1990, le boom technologique est survenu et que l’engouement pour le multimédia a pris l’ampleur que l’on connait. « Tout à coup, tout le monde s’est intéressé au multimédia, des portes se sont ouvertes, les mentalités ont changé et trouver du financement pour nos projets est devenu beaucoup plus facile », se souvient la chercheure.
 
D’artiste, cette entrepreneure touche-à-tout a ensuite porté divers chapeaux – toujours dans le domaine du multimédia -, soit réalisatrice, scénariste et productrice. « Mais ce qui m’a toujours vraiment allumée, souligne Renée Bourassa, c’est avant tout la notion de réalisation qui met de l’avant la réalisation artistique et communicative du projet. Malgré mes divers chapeaux, je suis une artiste et je continue de l’être. »
 

Approfondir la réflexion sur les nouveaux médias

 
Et c’est aussi par la force des choses que Renée Bourassa a par la suite tracé sa voie vers le monde universitaire : un milieu professionnel qui, maintenant, correspond davantage à ses aspirations.
 
Après une carrière bien remplie dans le privé, Renée Bourassa a en effet décidé de donner un nouveau virage à sa vie en faisant le saut comme étudiante au troisième cycle à l’UQAM (PhD en sémiologie, thèse : La fiction hyper médiatique : architectures fictionnelles et espaces ludiques. Une analyse des relations entre la fiction et les médias numériques, UQAM).
 
« Pourquoi ai-je voulu retourner à l’Université et faire mon doctorat? Parce qu’il m’a semblé de plus en plus évident qu’il y avait un travail de fond à faire en recherche fondamentale dans le domaine des nouveaux médias, des technologies de l’information et du multimédia », explique-t-elle.
 
Pour Renée Bourassa, le milieu universitaire était plus propice que l’entreprise privée pour approfondir la réflexion qu’elle souhaitait entreprendre. « Beaucoup d’innovations se font entreprise, c’est évident, note-elle. Mais le fait est que les universités jouissent d’une liberté d’action impensable ailleurs. Les entreprises sont liées au marché à court terme et doivent être rentables rapidement. Le monde universitaire m’offrait la latitude dont j’avais besoin pour creuser, méditer et mûrir sur le sujet. »
 
Puis c’est en retournant sur les bancs d’école qu’est né, chez elle, le désir d’enseigner à son tour. « L’Université Laval m’a accueillie et j’en suis très reconnaissante, dit-elle. Dès mon entrée à l’École des arts visuels, je suis  intervenue dans divers projets touchant les TI et les arts, dont deux touchant la muséologie et le multimédia avec Philippe Dubé (professeur d’histoire et directeur du LAMIC – le Laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture de l’Université Laval), soit un projet concernant le site historique de Paspébiac et un autre sur le Musée de la civilisation de Québec. »
 

Nouveau baccalauréat en art et science de l'animation à l'Université Laval


Et c’est aussi sa passion pour les arts, l’enseignement et le multimédia qui l’a amenée depuis son arrivée à Laval à s’impliquer activement dans un projet d’envergure, soit la création du baccalauréat en arts et science de l’animation : une première non seulement à l’Université Laval, mais dans l’ensemble du Québec.
 
Les premiers étudiants feront leur entrée à l’automne 2008 et Renée Bourassa y enseignera quelques cours. Mettre sur pied un tel programme a nécessité plusieurs années de travail, souligne la chercheure, mais l’enjeu était capital pour l’essor de l’industrie du multimédia dans la région.
 
« À l’heure actuelle, l’offre de service se situe au niveau des cegeps techniques menant directement les diplômés au marché du travail. Le nouveau baccalauréat vient confirmer cette discipline comme un domaine universitaire. C’est très important, souligne-t-elle. L’accent sera mis sur l’innovation et la création en multimédia plutôt qu’uniquement sur la dimension technique. »
 
Renée Bourassa insiste sur la plus-value d’un tel programme, non seulement pour l’Université, mais pour l’ensemble de l’industrie. « Nous allons ainsi former des concepteurs, des gestionnaires de projets, des gens qui vont devenir des chefs de file. Éventuellement, certains d’entre eux poursuivront leurs études au 2e ou au 3e cycle dans des domaines reliés davantage à la recherche. Ce pont est capital : c’est en faisant de la recherche à l’université que l’on devient des créateurs de nouvelles connaissances. »
 
En parallèle, Renée Bourassa s’intéresse de près à tout ce qui touche le jeu vidéo, les environnements 3D et les environnements virtuels comme Second Life. « C’est passionnant de voir à quel point les technologies de l’information influencent la recherche universitaire, même dans un domaine comme les arts et la culture. C’est un domaine neuf, un champ à prendre et cela fait partie des portes que je souhaite ouvrir. »