lien externe

Stéphane Gauvin

Envoyez-nous un courriel

L'inclassable

 
De tous les chercheurs de l’ITIS, Stéphane Gavin est sans aucun doute l’un de ceux dont le profil soit le plus éclaté. Classé dans la filière e-business, le professeur de marketing à l’Université Laval aurait toutefois pu facilement se retrouver dans toutes les autres filières, tant ses intérêts de recherche sont diversifiés. « Mon domaine premier a toujours été l’innovation : c’est mon moteur et ce qui m’a toujours passionné. Depuis les 20 dernières années, je me suis surtout centré sur les facteurs d’innovation du côté des technologies de l’information. »
 
Il suffit d’aller jeter un œil à la fiche de Stéphane Gauvin sur le site de la Faculté des sciences de l’administration pour s’en convaincre et comprendre la nature de ce chercheur polyvalent.
 
Membre du Réseau de gestion des technologies de l’information, chercheur associé du CEFRIO et du Research Fellow de l’Institute for the Study of Business Market de l’université américaine PennState, ses recherches des dernières années ont porté sur d’innombrables sujets à saveur techno, touchant tantôt la e-collaboration (travaux de groupes virtuels), tantôt le e-gouvernement (impacts de l’autoroute électronique au gouvernement québécois) ou encore la e-santé (gestion et politiques publiques concernant les alliances technologiques dans les biotechnologies de la santé).
 
« J’ai en effet beaucoup de champs d’intérêts, concède-t-il. Tout ce qui touche de près ou de loin aux TI m’intéresse. D’ailleurs, je ne vois pas pourquoi je me cantonnerais dans un seul secteur ou que je me priverais de me lancer dans des projets qui me branchent. Je refuse les étiquettes : je me donne le droit de faire ce que je veux et de plancher sur quoi je me sais efficace. Lorsqu’on me propose quelque chose qui m’allume, je me lance. »
 
Du plus loin qu’il se rappelle, Stéphane Gauvin a toujours démontré un vif intérêt pour les nouvelles technologies. Paradoxalement, quand vient le temps de s’inscrire au baccalauréat, c’est vers le marketing qu’il décide de s’orienter. Toutefois, les TI resteront bien présentes dans son cheminement académique, davantage durant ses études de deuxième et de troisième cycles.
 
« Lorsque j’ai fait mon doctorat, au milieu des années 1980, on ne parlait pas encore d’Internet, dit-il. Durant cette période, j’ai développé une application de négociation en ligne où les négociants ne se voyaient pas entre eux mais échangeaient de l’information. C’était une sorte de test que nous faisions et nous cherchions à évaluer certains critères. Le but était d’éviter que la personnalité de l’individu n’influence le cours de la négociation. »
 
Appelé par la suite à travailler en partenariat avec des géants américains de l’informatique – AT&T, HP et Apple, pour n’en nommer que quelques-uns -, Stéphane Gauvin se rappelle combien nombre d’entre eux ne devinaient pas l’influence qu’allait avoir la démocratisation de l’ordinateur personnel dans les décennies à venir.
 
« C’était les débuts de la micro-informatique. Nous considérions alors ces machines – le PC – comme des jouets. Ça me rappelle une anecdote amusante : à cette époque, IBM venait de mettre en marché une puce de 1G et je me rappelle d’avoir dit que ça n’allait pas servir à grand-chose. Je possédais alors un Mac de 128k de mémoire et je trouvais ça nettement suffisant! Maintenant, quand j’y repense, ça me fait rire et je trouve incroyable la vitesse à laquelle les choses évoluent. »
 

Repenser les méthodes pédagogiques grâce aux technologies et au e-Learning


En 1994, l’Université Laval se met au diapason de bon nombre de maisons d’enseignement dans le monde alors que plusieurs de ses professeurs se laissent tenter par un nouveau défi : l’enseignement en ligne. Animé par le désir d’apprivoiser lui aussi cette innovation technologique, Stéphane Gauvin est de ceux là.
 
Même si le e-learning n’en est qu’à ses premiers balbutiements, le chercheur voit dans cette nouvelle modalité d’apprentissage un outil prometteur permettant des avancées significatives. Le concept de cyberformation fait naître de grands espoirs chez lui en matière d’acquisition des connaissances et de développement des compétences.
 
« Cet automne-là, j’ai carrément déchiré mon syllabus de cours – lequel ne tenait pas compte de l’enseignement en ligne et était calqué sur un modèle traditionnel - et j’ai tenté de convaincre mes étudiants de l’impact qu’allait avoir Internet dans le cheminement académique et sur nos pratiques pédagogiques. La moitié de ma classe s’est insurgée. Ils étaient frustrés et voyaient le Web comme un jouet et non comme un outil d’apprentissage. Il faut comprendre : c’était une période déstabilisante. En parallèle au cours en ligne, il m’a fallu continuer à utiliser le livre en classe. »
 
L’avenir allait lui donner raison : rapidement, les technologies se taillent une place dans les salles de cours et transforment radicalement les méthodes pédagogiques. Au retour de sa sabbatique en Australie en 1997, le chercheur s’ancre davantage dans la cyberformation et consacre ses efforts au développement de modèles d’enseignement en ligne.
 
« Les premières années ont été fantastiques, se rappelle-t-il. Nos étudiants étaient motivés et souhaitaient réellement s’initier au e-learning. Durant cette période, j’ai aussi participé à la mise en place d’une maîtrise en affaires électroniques : un modèle adapté à ceux pour qui l’enseignement en ligne était la solution parfaite. »
 
Ses travaux et recherches sur la cyberformation font école, si bien que le gouvernement québécois fait appel à ses services en 2003. L’administration publique amorce à cette époque un important virage vers le gouvernement en ligne et Stéphane Gauvin sera de ceux qui permettront à des milliers de membres de la fonction publique de s’initier aux mécanismes de la e-gouvernance.
 
« Tout cela m’a amené à développer une formation en ligne pour le gouvernement québécois (ministère des Services gouvernementaux) : j’y ai redécouvert là la même attitude enthousiaste que j’avais rencontrée à l’Université Laval. Avec une équipe, nous avons commencé à intervenir auprès de la fonction publique en développant une série de capsules d’information en ligne sur le e-gouvernement. De fil en aiguille, cela nous a amenés aujourd’hui à accompagner le gouvernement du Québec dans ses stratégies de développement des compétences.
 

Du marketing au e-Marketing, ou sonder l'opinion publique grâce aux moteurs de recherche


En parallèle à ses prolifiques recherches, Stéphane Gauvin continue de consacrer une grande partie de ses énergies à ses premières amours : le marketing. Blogueur très actif, il alimente ses cours en ligne de commentaires, réflexions, analyses, veille et articles de fond non seulement sur le e-marketing mais aussi sur le e-business.
 
À l’heure actuelle, un nouveau sujet de recherche passionne cet expert du marketing électronique : « Je m’interroge sur la possibilité que les moteurs de recherche (Yahoo, Google, etc.) soient utilisés comme des indicateurs d'opinon publique. Peuvent-ils être représentatifs de la société? Lorsqu’on procède à une recherche sur Google, peut-on se fier aux résultats obtenus pour poser un jugement de valeur sur un sujet?, se demande-t-il. Il existe des moteurs pour mesurer le nombre de requêtes sur un sujet donné, mais personne n’a encore cherché à mesurer la fiabilité des moteurs de recherche un peu comme on le fait pour les sondages. Par exemple, si vous entrez le nom d’un chef de parti politique canadien dans quatre moteurs de recherche, il est à parier que vous obtiendrez quatre résultats totalement différents. Comment peut-on utiliser ces informations pour comprendre l'opinion publique? C’est ce que je veux comprendre. »