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Steve Jacob

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Pour un usage efficace de l'évaluation participative

 
On a tous, un jour ou l’autre dans notre milieu de travail, été confrontés à une évaluation. Il en est de même pour les décideurs et les gestionnaires publics dont les programmes sont évalués parfois selon des méthodes participatives. Le recours à cette pratique dans les organisations a pris de l’ampleur au cours des dernières années si bien qu’elle apparaît désormais indispensable à l’atteinte des résultats. Et si les technologies de l’information sont appelées à jouer un rôle favorisant un usage plus répandu des évaluations participatives, c’est notamment grâce aux travaux de recherches du professeur Steve Jacob, du Département de science politique de l’Université Laval.
 
Chercheur à l’ITIS dans la filière e-gouvernement, Steve Jacob suit activement les dossiers touchant la modernisation de l’État. « Les technologies de l’information sont fort utiles en administration publique, car elles permettent, entre autres choses, de favoriser un déploiement plus efficace des services gouvernementaux en ligne sur l’ensemble d’un territoire, souligne-t-il. À un autre niveau, les TI vont permettre d’évaluer la prestation de services en ligne grâce aux évaluations participatives, un dossier sur lequel je planche activement et qui fait l’objet de mes recherches en ce moment. »
 
Au cours des dernières années, des gouvernements partout dans le monde ont en effet commencé à s’intéresser sérieusement aux évaluations, notamment participatives, lesquelles leur sont vite apparues indispensables à l’appréciation de l’atteinte des résultats et à l’amélioration des prestations gouvernementales, tant à l’interne qu’à l’externe. En effet, puisque des expériences ont clairement démontré que lorsque les principaux intéressés ont leur mot à dire sur les objectifs à atteindre, ils sont davantage portés à contribuer à la poursuite de ces résultats, explique Steve Jacob.
 
« Une évaluation participative est une pratique qui se distingue de l’évaluation plus traditionnelle, précise-t-il, et qui vise à impliquer un plus grand nombre de partenaires. Une évaluation commence à être participative quand un évaluateur associe à son travail d’autres participants, des gestionnaires, des employés subalternes, des usagers, des bénéficiaires, etc. C’est un moyen qui induit des changements très positifs telle une amélioration de la performance et une implication de la communauté dans la gouvernance. »
 
À titre d’exemple, le chercheur parle de l’une de ses recherches en cours, laquelle porte sur une grande organisation où l’on remarquait un fort taux de roulement. « Ses gestionnaires ont mis en place une évaluation participative et les résultats qui en ont découlé ont été surprenants : dans les équipes où cette méthode avait été appliquée, le taux de rétention a grimpé en flèche. Les employés concernés ont avoué se sentir plus impliqués dans les décisions et que leur opinion était davantage prise en compte. »
Pour cette étude, Steve Jacob et son équipe ont mis au point un questionnaire en ligne auquel les employés avaient accès. Une fois tous les questionnaires remplis, l’outil a fourni aux gestionnaires un diagnostic de la situation de même qu’une liste de conseils. Ce questionnaire sera bientôt mis en ligne pour l’ensemble des évaluateurs qui désirent connaître le degré de participation de leurs exercices d’évaluation.
 
« On fournit une analyse immédiate. C’est un instrument rapide, pratique et accessible à tous. Je trouve que c’est un bon moyen d’utiliser les technologies dans la recherche. » L’outil aussi pave la voie à une foule d’autres usages, comme la collecte de données, la mise en place d’espaces de discussion tels que des forums, explique le chercheur.
 

Évaluer la performance des services gouvernementaux en ligne

 
Pour le projet APSI auquel il est associé (Appui au passage à la société de l’information), un projet réalisé en partenariat entre l’ITIS et le ministère des Services gouvernementaux du Québec, Steve Jacob sait qu’il aura là aussi à mettre en place des mécanismes d’évaluation participative. « Ce projet comporte un axe portant sur l’évaluation et la mesure de la performance des services gouvernementaux en ligne. L’idée est d’aider l’État à élaborer des dispositifs lui permettant d’évaluer si ses programmes en ligne sont à la fois accessibles et efficaces aux yeux des contribuables. »
 
L’expertise de Steve Jacob dans ce domaine dépasse largement les murs de l’Université Laval. Comme bon nombre de professeurs sur le campus, le chercheur offre des formations en ligne, non seulement à des étudiants partout dans le monde, mais aussi à des gestionnaires oeuvrant dans des pays en voie de développement.
 
« Je remarque qu’un besoin en évaluation se développe dans ces pays, dit-il. Plus souvent, ce sont les bailleurs de fonds qui l’exigent. Je trouve très stimulantes ces expériences d’enseignement et d’intégration de  technologies de l’information, car elles enrichissent ma réflexion sur le sujet. Chaque pays voit l’évaluation à sa manière, chacun fait face à ses propres enjeux et je trouve passionnant de pouvoir à ma manière les aider à progresser. »