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Dominique Gélinas

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Une muséologue avant-gardiste

 
Partout dans le monde, les musées se mettent peu à peu à l’heure du virtuel. Et ce n’est pas Dominique Gélinas qui va s’en plaindre. Au contraire! L’étudiante au doctorat en muséologie à l’Université Laval voit dans les technologies un support idéal pour relier les collections muséales à la population.
 
Arrivée depuis quelques mois à peine au LAMIC – le Laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture -, Dominique Gélinas est encore tout à la joie de travailler sous la supervision de Philippe Dubé, son directeur de thèse avec lequel elle affirme avoir eu un « coup de foudre professionnel ».
 
« J’ai choisi mon directeur avant mon sujet de thèse!, raconte la jeune muséologue en riant. J’ai su que je voulais travailler sur les technologies au musée avec Philippe Dubé après avoir lu un article à son sujet. On partage la même vision de ce que devrait être l’apport des TI au milieu muséal. Ma thèse porte sur les environnements immersifs 3D, une technique qui consiste à envelopper le visiteur de virtuel en milieu d’exposition. Je trouve cela fascinant. »
 
D’ailleurs, elle ne s’explique pas pourquoi certains résistent encore à l’usage des technologies dans les musées. « Il faut y recourir, on est rendu là. Je ne vois pas les TI comme une menace : l’objet virtuel ne risque pas de sublimer l’objet réel, bien au contraire. Par contre il faut les utiliser intelligemment pour dépasser l’expérience uniquement émotive et en retirer une expérience cognitive. Le visiteur va au musée pour se divertir, mais aussi pour en retenir quelque chose. »
 

Les musées devraient-il recourir davantage à Internet?

 
Praticienne d’abord et avant tout, Dominique Gélinas estime par ailleurs que les musées auraient tout intérêt à recourir davantage à Internet. « En tant que muséologue, je trouve génial d’utiliser le Web pour diffuser la culture. C’est un support sous exploité : les deux tiers des institutions muséales au Québec ont un site Internet et, de ce nombre, la moitié l’emploie seulement comme vitrine publicitaire. À mon avis, il faut utiliser l’espace Internet à des fins d’expositions virtuelles et plus encore. Le Web doit agir en complémentarité à l’exposition et ne la remplacera jamais : on veut toujours voir La Joconde en vrai! »
 
Passant de la parole au geste, sa maîtrise en muséologie a porté sur la création d’un site Web destiné à la Succession Louis Muhlstock (1904-2001), un peintre montréalais célèbre dans les années 1930 et 1940. Son mémoire d’ailleurs a été retenu comme finaliste de 2008 du prestigieux prix Roland-Arpin donné par le Musée de la civilisation du Québec qui récompense chaque année les meilleurs travaux en muséologie des cycles supérieurs au Québec.
 
« En général, les Québécois connaissent peu les peintres d’ici, déplore la doctorante. Un site comme celui-ci pourrait les amener à s’informer davantage, à se familiariser avec leur travail et bien entendu à stimuler leur envie d’acquérir des œuvres. »