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Judith Horman

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Les TI en éducation, une affaire de confiance

 
Lentement, les applications Web 2.0 telles que les wikis et les blogues se taillent une place dans les salles de classe. Pour Judith Horman, doctorante en technologie de l'éducation à l’Université Laval, le phénomène n’a rien d’une mode passagère et elle s’interroge sur les pratiques pédagogiques actuelles, notamment en ce qui concerne le rapport qui existe entre les technologies, la socialité et l’éducation.
 
L’intérêt de Judith Horman pour l’émergence d’espaces collaboratifs numériques remonte bien avant son doctorat.
 
Après une expérience comme formatrice et consultante en développement organisationnel, elle entreprend, dans la cadre d'une maîtrise, une recherche sur l'interaction sociale en ligne. Pendant plusieurs mois, elle a documenté les processus de travail en équipe d’un groupe d’étudiants qui avaient, dans le cadre d’un cours au baccalauréat en enseignement de l’Université Laval, à réaliser des travaux dans des espaces virtuels, dont un wiki et un site Internet interactif.
 
Ce qu’elle constate la surprend. Un grand nombre de participants – en majorité des jeunes pourtant issus de la génération des natifs du Nouveau monde numérique – résistent au modèle de travail proposé. « Les étudiants ne savaient pas comment travailler dans ce contexte, explique-t-elle. En fait, personne n’a complètement suivi la consigne. Ils ne pouvaient pas concevoir cette manière de collaborer. »
 
Le constat qu’elle dresse l’amène à concentrer ses recherches doctorales sur l'insertion aux démarches d'apprentissage de cette technosocialité nommée aussi relation many-to-many. « Sommes-nous en train de participer à une transformation de la socialité? Notre âge technologique change-t-il la manière d'exister de l'individu et de la collectivité? Comment préparer les futurs maîtres à qui on demande d'intégrer ces technologies à leurs pratiques pédagogiques? », se demande l’étudiante.
 
Judith Horman constate que le fossé technologique subsiste toujours, et ce, à tous les niveaux d'enseignement, du primaire à l'université.
 
« L’écart est grand et ce n’est pas vrai que les jeunes sont tous confortables avec l'informatique », soutient-elle. « Les TI ne sont pas qu’une affaire de compétence, c’est d’abord une affaire de confiance. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut apprendre de manière théorique. Il faut y toucher concrètement pour les comprendre. La présence des TI dans la salle de classe repose sur le degré de confort ou d'inconfort de l'enseignant. Leur insertion à la pédagogie ne se limite pas au diaporama, au traitement de texte et au courriel. Elles ouvrent sur de nouveaux espaces de sens et d'actions. Il faut donner aux futurs maîtres cette confiance qui engendre l'acte d'invention de leurs pratiques. »