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Retour sur le colloque "Villes intelligentes, villes durables": regards multiples sur un concept incontournable

 
 
Le 25 avril 2012, c’est plus de 120 personnes qui étaient réunies afin d’assister au colloque « Villes intelligentes, villes durables » présenté par l’Institut Technologies de l’information et Sociétés (ITIS) à l’Auditorium Jean-Paul-Tardif du pavillon La Laurentienne, à l’Université Laval. Issus du milieu des affaires, de la sphère municipale ou du domaine de la recherche, les participants étaient tous réunis afin de pousser plus loin leurs réflexions quant aux villes intelligentes.
 
C’était la première fois, au Québec, qu’un colloque était organisé autour de la thématique des villes intelligentes. À cette occasion, l’ITIS avait convié plus d’une quinzaine de conférenciers, en provenance du Québec, des États-Unis et du Mexique à prendre la parole afin de réfléchir et présenter différentes facettes de cette thématique aujourd’hui incontournable. « Avec la présence de la Ville de Québec au Top 7 de l’Intelligent Community Forum (ICF) et la récente visite de Louis Zacharilla dans notre ville et à l’Université Laval, la thématique de la ville intelligente est plus que jamais présente dans nos esprits. Notre colloque est une belle opportunité de poursuivre la réflexion entamée lors de ce passage et de la pousser vers l’avant », déclare d’ailleurs la directrice de l’ITIS, Marie-Andrée Doran, dans son allocution d’ouverture.
 
Dès le départ, Mme Doran a d’ailleurs mis les cartes sur la table : lorsqu’on parle de ville intelligente, on doit parler de ses citoyens. « Il doit être au cœur des préoccupations. Et les acteurs gouvernementaux, universitaires et des affaires doivent agir de concert autour de cette thématique », indique-t-elle, rattachant la thématique aux préoccupations liées à la e-Démocratie et au e-Gouvernement. 
 

Qu’est-ce qu’une ville intelligente?

 
C’est à Sehl Mellouli, professeur à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval, ainsi qu’à ses collègues Theresa Pardo, directrice du Center for Technology in Governement de l’University of Albany (SUNY) et J. Ramon Gil-Garcia, professeur associé au Département d’administration publique du Centro de Investigation y Docencia Economicas (CIDE) de venir ouvrir la journée. Cela, avec l’objectif de présenter les résultats préliminaires d’une étude internationale d’analyse et de réflexion autour des villes intelligentes. Pour ce faire, sept villes avaient été étudiées : Québec, New York, Philadelphie, Seattle, Mexico, Shanghaï et Macao. Comme données brutes, les chercheurs avaient recueilli des informations quant aux projets associés par ces administrations publiques à la thématique des villes intelligentes, afin, par la suite, d’en dresser un comparatif. Au moment du colloque, seules les données des partenaires asiatiques de l’équipe de recherche manquaient à l’appel.
 
Theresa Pardo a, par ailleurs, rappelé que le futur est à l’urbanisation alors qu’en 2008, pour la première fois de l’histoire humaine, plus de la moitié de la population terrestre habitait dans des villes et qu’en 2030, ce nombre atteindra les cinq billions avec l’urbanisation de l’Afrique et de l’Asie.
 
Mais avant de cibler les perspectives quant à l’évolution des villes intelligentes, il faut aussi les définir. Il s’agit là d’un défi, selon les chercheurs, puisque chaque administration rencontrée semblait avoir sa définition de « ville intelligente » ou de son équivalent anglophone, « Smart City ». « D’abord, la ville, c’est un système de systèmes, dans lequel on intègre de nouveaux systèmes, des systèmes numériques », avance Theresa Pardo. Il s’agit donc d’y appliquer le volet « intelligent »  dans ses réponses aux besoins des citoyens, dans sa planification et son développement, ou encore dans l’intégration d’outils technologiques? Ou, selon les définitions proposées par la directrice du Center for Technology in Governement, peut-être toutes ses réponses à la fois? Chose certaine, selon la chercheuse, devenir « intelligent » est essentiel pour les administrations municipales, autant en ce qui concerne la gestion des problèmes liés à la gestion des villes et de ses problématiques qu'environnementales, sociales ou organisationnelles.
 
C’est donc à l’aide d’exemples que les trois chercheurs ont détaillé leurs perspectives, soit à travers les projets de données ouvertes, de service Info-Déneignement ou de réseau Wi-Fi à Québec, de service 311 de New York, ou encore de l’Angel Network de Mexico. Bref, ce sont toutes des initiatives destinées à bonifier la qualité de vie des habitants des villes et, selon les chercheurs, des projets qui accentuent la transparence, la confiance, entre l’administration publique et ses citoyens.
 
Au fil de l’étude, c’est 37 projets qui ont été étudiés, 87 personnes qui ont été rencontrées lors d’entrevues, le tout réalisé à la fois en français, en anglais et en espagnol. Ce qui ressort de cette étude, c’est notamment l’impact sur la culture organisationnelle des mesures « intelligentes » : partage de ressources, d’information, d’autorité. Pour développer ces initiatives, il s’agit évidemment d’avoir un leadership fort de la part des administrations locales et, parallèlement, de tenter d’intégrer le plus possible les médias sociaux, iPhone et autres outils technologiques. Reste que, selon Sehl Mellouli, il s’agit également de développer ces systèmes et, pour se faire, trouver de nouvelles ressources pour les financer et les mettre en place. Cela, tout en se posant la question : « Comment toujours mieux intégrer le citoyen dans les processus décisionnels des administrations municipales? »
 

Québec, une ville intelligente

 
Comme il a été mentionné précédemment, la Ville de Québec faisait partie des agglomérations étudiées par l’équipe de Sehl Mellouli. Afin d’explorer plus avant les projets réalisés à Québec et les contextes dans lesquels ils ont été développés, l’ITIS avait invité des représentants de l’administration municipale ou ses partenaires d’affaires à venir s’adresser au public présent.
 
C’est d’abord le directeur général adjoint aux services de soutien, Gilles Noël, qui a présenté les différentes initiatives de la Ville autour du thème des « villes intelligentes ». Ont été mentionnés : les initiatives liées au Web 2.0 de l’administration municipale (site Web, fil Twitter, chaîne YouTube, SMS), le service d’Info-Déneigement, le réseau Wi-Fi, le Réseau intervilles du Québec, l’optimisation des trajets pour les services d’urgence grâce au GPS ou encore le portail de données ouvertes. Ce dernier permet « de développer le lien entre une ville et sa communauté, de créer des opportunités pour les citoyens de s’approprier ces données non sensibles, de mettre en place des projets à partir de celles-ci ».
 
Parmi les projets en œuvre actuellement à Québec, on compte également le projet de coffre-fort virtuel, associé à l’initiative de la Vitrine technologique. C’est Jean-Marie Tirbois, directeur des programmes d’affaires chez Almérys, qui est venu présenter l’esprit de cette initiative. Le projet est lié au principe de dématérialisation, une démarche qui, selon M. Tirbois, rend la ville « plus proche du citoyen, plus proactive, plus axée sur le développement durable ». Cela, avec l’objectif de centrer la convergence des services vers l’individu et l’entreprise, pour leur permettre d’échanger des données à valeur égale, à l’intérieur d’un système sécurisé. Évidemment, pour développer une telle initiative, il faut aussi maximiser la confiance de l’utilisateur face au numérique : la solution est donc de créer des systèmes sécuritaires respectant les principes de la vie privée et favorisant le maintien de l’intégrité des données tout en permettant un accès rapide au système pour les usagers. « Ce qu’on cherche à faire, c’est créer un espace interactif pour le citoyen et l’entreprise, entouré de services, privé et sécurisé », complète Jean-Marie Tirbois.
 
Le contexte de la Capitale est particulièrement favorable à l’intégration d’initiatives technologiques de par sa haute connectivité. Cela est dû, en bonne partie, à l’équipe de ZAP Québec, projet citoyen et communautaire appuyé par les administrations municipale et provinciale. Le réseau Wi-Fi gratuit ainsi offert est particulièrement prisé par la population : en février 2012, on parle de 143 000 connexions réalisées dans les différents points de service de ZAP. C’est d’ailleurs ce qui a amené son coordonnateur, M. Dave G. Pelletier, lors de sa présentation au colloque, à indiquer que son équipe pouvait espérer voir plus de 1,8 million de connexions se faire en 2012. Pour lui, l’idée des communautés sans fil permet de réduire la fracture numérique et démocratiser les accès sans fil, et ce, au service des citoyens.
 

La ville de Québec au Top 7 de l’ICF

 
Les initiatives « intelligentes » de la région de Québec, que ce soit sous l’égide de l’administration municipale, de l’Université Laval, ou de réseaux d’entreprises tel le Parc technologique du Québec métropolitain, ont été soulignés par la présence de la Capitale d’abord au Top 21, puis au Top 7 des villes intelligentes de l’ICF. Afin de revenir sur la candidature de la Capitale, Carl Viel, président-directeur général de Québec International, organisme qui a chapeauté ce dossier dans la région, et Éric Bauce, vice-recteur exécutif et au développement de l’Université Laval, avaient été conviés à prendre la parole.
 
Pour M. Viel, ce qui ressort tout particulièrement de cet effort collectif, c’est la rencontre et le choc des idées qui s’est effectué entre différents milieux : entrepreneurs, fonctionnaires, universitaires. Tous s’étaient rencontrés pour faire avancer la ville, la région. « Et c’est ce que Québec doit continuer de faire, afin de toujours se démarquer et ainsi d’attirer talents et investissements », note-t-il.  Un point de vue partagé par M. Bauce qui, lui, a souligné l’impact d’initiatives « intelligentes » à l’intérieur d’une perspective liée au développement durable. « Il y a une association fondamentale à faire entre intelligence et durabilité qui a besoin de fierté, d’engagement, de dynamisme et de leadership pour éclore », explique le vice-recteur, soulignant du même souffle que « les assises de la ville intelligente se trouvent dans la pérennité de la qualité de vie des individus ».
 
Pour sa part, Éric Bauce n’a pas manqué de souligner la contribution de l’Université Laval et de ses chercheurs dans le développement de la Ville de Québec comme « communauté intelligente », de même que l’importante contribution de l’ITIS dans l’effort de réseautage et de diffusion de la recherche en lien avec les nouvelles technologies et la ville intelligente.
 

L'expérience d'IBM en matière de villes intelligentes

 
L’après-midi du colloque s’est ouvert avec une conférence de Jean-François Barsoum, consultant stratégique et chef canadien du groupe-conseil Écologie et innovation d’IBM. Dans sa présentation, il est revenu sur différentes initiatives développées de concert avec IBM en Europe, en Asie et en Amérique, mettant de l’avant dix leçons capitales qu’il retenait de ces expériences.
 
Selon M. Barsoum, les villes sont au cœur de la résolution de problèmes environnementaux et, parallèlement, la solution des problèmes qui frappent les villes ne se trouve pas non plus dans le béton. Dans bien des cas, il s’agit de faire progresser ou transformer les habitudes de vie des citoyens, à travers différents moyens, allant de droits d’accès jusqu’à la mise en place d’outils technologiques, à l’image des procédés mis en place à Londres ou Stockholm, notamment. « Changer les habitudes et les aptitudes c’est possible, et ça ne coûte pas nécessairement cher », indique-t-il. Et, la clé, dans la mise en place d’outils technologique, c’est la planification. Et c’est cette dernière qui, dans bien des cas, est l’obstacle au changement, plutôt que la technologie elle-même. En ce sens, pour Jean-François Barsoum, la gouvernance devient donc d’une importance capitale dans ce type d’initiative.
 
Il mentionne également un aspect incontournable de l’évolution vers l’intelligence de nos villes : la gestion des données. « Et ces données doivent être utilisées afin de savoir à l’avance où sont les problèmes pour essayer de les empêcher, plutôt que de simplement les régler. » Un aspect qui, rapidement, peut devenir un casse-tête s’il n’y a pas de collaboration mise en place entre départements, organismes, divisions, directions. « Dans tout cela, il faut aussi aider les citoyens à s’aider », observe Jean-François Barsoum.
 

Des perspectives de recherches autour de la thématique des villes intelligentes

 
Afin d’étayer ces visions de la ville intelligente, l’équipe de l’ITIS avait convié plusieurs chercheurs de l’Université Laval à venir présenter des perspectives y étant liées, rattachées à leurs disciplines et leurs perspectives de recherche. Les participants ont pu découvrir quatre perspectives bien distinctes touchant à la planification urbaine, la géomatique, l’optique et la logistique des transports.
 
C’est d’abord Carole Després, professeure à l’École d’architecture de l’Université Laval et membre du Groupe de recherche interdisciplinaire sur la banlieue (GIRBa), qui a présenté des observations en lien avec la ville intelligente et l’évolution physique des villes. D’emblée, elle souligne une inquiétude : le développement urbain de Québec ne sera pas perpétuel, au contraire, on prévoit que la population de la Capitale risque de stagner dans les années 2040. « Avec ces précisions quant à la croissance, devrait-on construire sur du neuf ou miser sur les quartiers existants? », lance-t-elle. La chercheuse propose ainsi, entre autres, d’utiliser les nouvelles technologies pour faire le monitoring et l’évaluation des structures urbaines existantes, afin d’en faire un usage efficient. Elle suggère également d’utiliser l’évolution technologique afin de favoriser le télétravail, que ce soit à domicile ou dans des tiers lieux : une démarche qui aurait son impact sur les pressions liées aux transports dans la structure urbaine.
 
Comme le disait Jean-François Barsoum : la ville intelligente produira sans cesse de nouvelles données. Dans le contexte où nos sociétés produisent déjà plus de données que jamais, l’importance de s’organiser, de créer des outils en ce sens, est capitale. Le professeur Yvan Bédard, du Département des sciences géomatiques de l’Université Laval, est venu mettre de l’avant des pistes de solution en ce sens. Pour lui, l’objectif demeure de réussir à intégrer des informations hétérogènes et à en extraire ce qui est véritablement utile à la planification urbaine et la vie des citoyens. « En ce sens, la solution dans un cadre intelligent passe par les approches d’intelligence géospatiale », dit-il. Afin d’étayer ses propos, il a présenté le logiciel Map4Decision qu’il a développée et qui est maintenant commercialisée par l’entreprise Intelli3.
 
Leslie Rusch, professeure au Département de génie électrique et génie informatique de l’Université Laval, est venue, pour sa part, parler de fibre optique, « l’épine dorsale de notre Internet mondial, de nos réseaux métropolitains, de nos villes intelligentes ». Le développement de ce matériau pourrait, selon la chercheuse, permettre notamment des avancées importantes dans le domaine de l’informatique en nuage ou « Cloud Computing ». Il s’agit donc, grâce à la fibre optique, d’en améliorer les paradigmes de calcul et, parallèlement, de profiter de ces avancées pour bonifier les possibilités offertes par le sans-fil.
 
Enfin, Benoit Montreuil, professeur à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval, est venu présenter l’esprit de son projet d’Internet physique. Plusieurs chercheurs et entreprises d’Asie, d’Europe ou d’Amérique collaborent actuellement au développement de cette initiative d’envergure qui propose de s’inspirer des structures du Web pour repenser la logistique des transports et des déplacements. « L’Internet physique, c’est un système logistique global ouvert, fondé sur des systèmes physiques, digitaux et opérationnels », explique-t-il. À l’image des datagrammes, ou paquets d’informations, qui circulent collectivement sur le Web, il faut ainsi penser à regrouper les transports, unir les déplacements dans une perspective de « coopétition ». Une perspective qui, pour le chercheur, pourrait même dépasser le domaine des transports et s’étendre à toutes les sphères de la société : Web urbain, Web santé, etc.
 

L'entreprise privée et la ville intelligente

 
Après ces exemples de perspectives et projets de recherche développés sur le campus de l’Université Laval, c’était au tour de l’entreprise privée d’occuper la scène du colloque « Villes intelligentes, villes durables » de l’ITIS, dans le cadre d’une table ronde animée par le journaliste Matthieu Dugal. Autour de la table, quatre participants, quatre perspectives : Nicolas Roberge, président et conseiller stratégique d’Evollia, Jules Bois, vice-président Secteur public du Québec et directeur Région de Québec chez IBM, Claude Racine, directeur général de la Voix des entrepreneurs en TI de Québec (VETIQ) et Nathalie Quirion, directrice générale du Parc technologique du Québec métropolitain. Pour lancer la discussion, les programmateurs avaient posé une question : « Comment l’entreprise privée peut-elle être un moteur pour la ville intelligente? »
 
Premier constat qu’évoquent les participants : la nécessité pour les villes et ceux qui l’animent d’assurer l’évolution de ces pôles. « Le futur de l’humanité va s’écrire dans les villes qui deviennent des moteurs sociaux et économiques », note Jules Bois. Et, en ce sens, « l’intelligence » devient un facteur clé. À ce titre d’ailleurs, selon le représentant d’IBM, c’est « ville par ville » que se bâtira une planète plus intelligente. De son côté, Nicolas Roberge a d’emblée souligné que ce qui était, hier, perçu comme une solution, peut représenter, aujourd’hui, un problème et, de ce fait, que l’entreprise doit profiter de ces nouvelles réalités pour motiver son implantation et son évolution. « L’entreprise est fondée sur des problématiques à résoudre », rappelle-t-il.
 
Il faut penser au-delà des technologies quand on parle d’intelligence, selon Nathalie Quirion : « L’intelligence, ce n’est pas que le produit, c’est aussi l’interaction qui se produit autour de sa création ». Une interaction qui dépasse le lieu même de l’entreprise, qui s’étend à une ville tout entière, aux partenariats qui se créent entre ses acteurs. « Le plus important dans un parc technologique, ce sont les partenariats qu’on établit avec les institutions d’enseignement », note-t-elle, rappelant notamment les ponts étroits liant le Parc technologique du Québec métropolitain avec l’Université Laval. D’ailleurs, le transfert des connaissances était au cœur des préoccupations de Claude Racine : « On devrait maximiser et mettre toutes les conditions pour favoriser les transferts de connaissances ». Selon lui, même si la région en fait déjà beaucoup, elle pourrait en faire encore bien plus.
 
L’évolution technologique que connaît Québec, la rend plus attrayante, selon les participants. Et l’ambiance actuelle permet aussi de démarrer des projets  avec une relative aisance: « À Québec, il est facile de trouver des partenaires », souligne Nicolas Roberge. En fait, « le succès de la ville intelligente, c’est comment on est capable de capter ça pour nous-mêmes », résumera Matthieu Dugal. L’entreprise privée devient ainsi moteur par ses projets, par sa présence, par ses initiatives, mais aussi par les partenariats qu’elle cherchera à créer.
 

La ville intelligente, une nouvelle manière de faire société 

 
C’est à Milad Doueihi, titulaire de la Chaire de recherche sur les cultures numériques de l’Université Laval, que fut confié le soin de présenter la conférence de clôture. « Ce qui nous caractérise comme humains, c’est qu’on est incapable de ne pas façonner l’espace qu’on habite », remarque-t-il d’emblée. Pour lui, le concept de « ville intelligente » et son application forcent ainsi ses acteurs à repenser les modèles et les définitions traditionnelles qu’ils ont de la sphère urbaine. « Avec la ville intelligente, on est en train de mettre en place une nouvelle manière de faire société ». Quant au citoyen, oui, il doit être au cœur de cette initiative, mais son rôle doit être clair pour le chercheur : il ne faut pas le réduire à un rôle de capteur ou d’émetteur de données.
 
En définitive, on ne peut qu’affirmer que la journée du 25 avril fut riche en réflexions et perspectives autant qu’en rencontres. Dans son allocution de clôture, la directrice de l’ITIS, Marie-Andrée Doran, a d’ailleurs souligné l’importance des liens entre milieux qui se créent dans ces rencontres. De son côté, Paul Fortier, vice-recteur à la recherche et à la création de l’Université Laval, a souligné qu’à travers les travaux de ses chercheurs, l’institution va continuer à s’intéresser aux thématiques liées à la ville intelligente. Et, lui aussi souligne l’importance de ce type de rencontre et félicite l’équipe de l’ITIS pour la mise en place de cette journée nécessaire. « On espère que cet événement ne sera pas une fin, mais plutôt le début de quelque chose », conclut-il.