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9e Symposium sur la télésanté

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Façonner l'avenir de la télésanté

 
La télésanté présente aujourd’hui des possibilités immenses pour le réseau québécois de la santé. Avec l’explosion du numérique, les progrès technologiques récents permettent d’espérer améliorer les services aux patients et de faciliter le travail des professionnels de la santé. Mais quel avenir réserve-t-on à la télésanté? Quelque 200 représentants du monde médical de la France et du Québec ont débattu de cette question en plus d’échanger et de partager leurs expériences respectives lors du 9e Symposium sur la télésanté qui s’est tenu du 24 au 26 septembre à Québec.
 
Fervent défenseur de la télémédecine et du Dossier patient informatisé, le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, le docteur Yves Bolduc a ouvert le Symposium en rassurant les participants sur l’intention de son gouvernement de continuer à soutenir les efforts en télésanté.
 
« En tant que clinicien, j’ai moi-même goûté aux avantages et aux bénéfices de la télémédecine, a-t-il dit. J’ai fréquemment utilisé le numérique et les outils technologiques dans ma pratique en région et cela m’a donné un sérieux coup de pouce. Cela m’a notamment évité de longs et coûteux déplacements, en plus de me permettre de suivre de la formation à distance et d’organiser plus efficacement mes services. Mais il ne faut pas oublier le plus important : les soins aux patients qui, à mon sens, sont grandement améliorés grâce à la télésanté. »
 
À l’heure actuelle, le gouvernement québécois a mis en chantier huit importants projets touchant la télémédecine. « Il s’agit pour nous d’une nouvelle façon d’aborder la santé au Québec », a poursuivi le ministre Bolduc.
 
Des propos qui ont rassuré Jean-Paul Fortin, coordonnateur médical du Réseau québécois de télésanté et président de la Société québécoise d’informatique biomédicale et de la santé. Pour lui, la réponse du ministère de la Santé face aux grands enjeux de la télésanté au Québec est le reflet des besoins de la population. « La télésanté a fait ses preuves depuis sa création », soutient-il.
 

Le dossier patient informatisé


De tous les sujets touchant la télésanté au Québec, celui qui retient le plus l’attention est assurément celui du DSQ – le Dossier patient informatisé. D’ailleurs, il en a été largement question durant le Symposium. Dans son allocution, André Simard, directeur général du DSQ au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, est venu expliquer aux participants où en étaient rendus les travaux.
 
« La beauté du DSQ vient du fait que les professionnels de la santé de la province ont été consultés depuis le début pour son élaboration et sa structure, fait-il valoir. Médecins, infirmiers, pharmaciens, techniciens et administrateurs ont eu leur mot à dire. Cette étape était cruciale pour le Ministère, car nous souhaitons que l’outil soit convivial et qu’il réponde réellement aux besoins de ses utilisateurs. »
 
Le projet-pilote sera en cours jusqu’en 2009, alors que la phase d’implantation dans l’ensemble de la province est prévue pour 2010-2011. « Nous sommes présentement en période de rodage, a expliqué M. Simard. Nous pouvons dire que tout se passe bien pour l’instant, malgré la complexité des travaux en cours et malgré le fait que nous soyons encore confrontés à certains problèmes. »
 

L’ITIS bien représenté
 

Par ailleurs, l’ITIS était bien représenté à ce Symposium. Deux de ses chercheurs y ont présenté des conférences, soit Marie-Pierre Gagnon et Jean-Paul Fortin, tous deux professeurs à la Faculté de médecine de l’Université Laval.
 
Mme Gagnon a présenté deux allocutions, dont notamment une Revue systématique mixte des modèles théoriques expliquant l’adoption de la télésanté et Les perceptions des professionnels de la santé dans les soins préhospitaliers d’urgence (projet réalisé dans la région de Chaudière-Appalaches portant sur une solution technologique utilisée par les ambulanciers paramédicaux de ce secteur).
 
Dans cette dernière allocution, la professeure Gagnon a fait ressortir que l’usage d’un outil technologique dans la prestation des services de santé était vu de manière positive par ses utilisateurs. « Généralement, les usagers sont satisfaits de qualité des soins aux patients que cet outil permet, soutient-elle. L’outil est aussi perçu comme étant fiable et facile d’usage. Mais plusieurs ont déploré le manque de formation adéquate et bien entendu les coûts élevés rattachés à l’utilisation d’une nouvelle technologie. »
 
Enfin, le docteur Jean-Paul Fortin a clôturé le Symposium sur une note positive. Selon lui, la France et le Québec ont beaucoup en commun en ce qui concerne les avancées en télésanté. L’un et l’autre ont aussi beaucoup à s’apporter. « La vision d’ensemble est très dynamique, estime-t-il. Mais il faut continuer à apprivoiser le changement. La télésanté offre aux communautés la possibilité de se prendre à main et de briser leur isolement. Il faut que cela soit perçu comme une nécessité chez nos décideurs et il y a encore du travail de promotion à faire en ce sens. »