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Colloque 2009 du CIRTA

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Profs et TI: il faut améliorer la formation des maîtres

 

L’Université Laval accueillait, du 16 au 18 novembre 2009, le sixième colloque du CIRTA - le Centre interuniversitaire de recherche en technologies d'apprentissage. L’événement avait pour but de donner aux chercheurs de différentes disciplines et aux praticiens de l’éducation l’occasion de partager leurs connaissances, leurs expériences, les résultats de leurs recherches et leurs idées concernant la conception, le développement et l’utilisation de méthodes, de techniques et d’outils dans le domaine des technologies de l’apprentissage.

Le thème du colloque 2009 portait sur la recherche et la pratique en e learning . La rencontre visait aussi à redéfinir le mandat actuel du CIRTA afin de lui permettre le plein épanouissement de la recherche concertée dans le domaine du e learning au Québec et de mieux contribuer aux transferts des résultats de cette recherche dans la pratique éducative.
 
« Malgré les plans d’équipements massifs, malgré des discours engagés sur la nécessité de développer le e-learning, malgré tous les usages des technologies de l’information par les enseignants et leurs élèves, la situation d’apprentissage demeure assez moyenne et la situation ne va pas en s’améliorant », a fait savoir l’expert Jean-François Cerisier lors d’une conférence prononcée dans le cadre du Cirta 2009 à l’Université Laval.
 
Selon M. Cerisier, qui est professeur à l’Université de Poitiers en France, le fossé qui est en train de se creuser entre l’évolution des technologies d’apprentissage et l’usage qu’en font concrètement les enseignants est « assez considérable ».
 
« On tente encore d’expliquer ce décalage, a-t-il expliqué durant sa présentation. Chez nous, on a opté pour l’hypothèse culturelle. Selon nos recherches, l’usage des TI à l’école relève de la culture. Tout le monde s’entend pour dire que les technologies sont un moyen formidable pour faciliter l’apprentissage. Toutefois, cela n’entraîne pas nécessairement la conviction des enseignants. »
 
Un constat qu’il attribue en partie l’appropriation même des technologies. « Comment peut-on penser s’en servir en classe lorsqu’on n’a même pas appris à s’en servir? Il y a des trous évidents dans la formation des maîtres, il me semble. Et il est grand temps de remédier à la situation. En ce sens, les universités ont un grand rôle à jouer », a conclu l’expert.
 

Cinq questions à Thomas Michael Power

 

L’ITIS a rencontré l’un des organisateurs et participants au colloque, le chercheur Michael Power. Monsieur Power est membre de l’ITIS et professeur au Département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage de la Faculté des sciences de l'éducation de l’Université Laval. 

Parlez-nous plus en détails des objectifs du colloque du CIRTA 2009.
 
Le colloque Recherches et pratiques sur le e learning 2009 avait pour but d’amener les chercheurs et les praticiens à parler du développement de cette filière au Québec. On a eu une bonne participation de l’extérieur et plusieurs chercheurs et praticiens français se sont déplacés. Nous avons aussi eu des représentants de la Nouvelle-Zélande, par visioconférence (NDRL : le CIRTA a accueilli 130 participants) et de l’Ouest canadien.
 
Donc, on voulait faire le portrait non seulement de ce qui se passe au Québec . Ça bouge beaucoup dans le domaine du e learning, ça bouge beaucoup . C’est pour cela qu’il fallait faire le point. Nous avons voulu rassembler les acteurs pour dresser un portrait clair de qui fait quoi.
 
Les grands enjeux de l’heure, quels sont-ils?
 
Ils sont de plusieurs ordres. On sait que l’utilisation des technologies s’implante partout. Elles deviennent incontournables dans le secteur privé. L’entreprise privée va-de-l'avant dans ce secteur. Et c’est à cela que nos chercheurs devraient s’intéresser, car il y a des sommes considérables qui sont investies chaque année.
 
Le e learning connait aussi un essor important dans le secteur de la Défense nationale. Pour eux, la formation en ligne est un enjeu absolument crucial. En formation, le e learning est appelé à prendre de plus en plus de place, surtout aux deuxième et troisième cycles universitaires, donc aux études supérieures. À ces niveaux-là, les étudiants ont en main toutes les compétences technologiques nécessaires et ils peuvent conséquemment participer à des réseaux mondiaux de recherche.
 
Certains chercheurs participants ont porté un regard plutôt sombre sur l’état de la situation dans le domaine du e learning. Partagez-vous leur vision?
 
Je pense que c’est un signe de vie. Le conflit est un signe de vie. Ce sont juste les morts qui ne s’entendent pas! Dans un domaine en pleine ébullition, un domaine au croisement de plusieurs disciplines et qui a tant d’impact sur à peu près tous les aspects de la vie, il est normal d’assister à un choc des philosophies.
 
Présentement, on voit d’un côté un certain déterminisme, un pragmatisme et un objectivisme qui sont prêchés par certains chercheurs. Alors que chez les postmodernistes, on voit la théorie critique qui les amène à la réflexion sur la technologisation de la vie et les craintes que cela peut inspirer.
 
Nous savons qu’il n’y a pas qu’une seule façon de voir réalité. Notre réalité est à la fois personnelle et sociale.
 
Quelle est votre vision de la technologie en éducation? Est-ce une fin en soi ou un moyen d’atteindre un objectif?
 
La technologie demeure toujours un moyen. Elle ne sera jamais une fin en soi. Et c’est là où il faut bien clarifier les choses, il faut qu’il n’y ait aucune confusion à ce sujet. La technologie doit être là pour nous appuyer.
 
Que retirez-vous du colloque? Quels sont vos constats?
 
J’ai d’abord été surpris de voir une aussi grande participation de chercheurs du domaine. La grande diversité des présentations m’a aussi beaucoup plu. Ça nous a permis de voir la pluralité des expériences, des projets et des opinions sur le sujet. Ça nous démontre à quel point le e learning est vaste. Il y avait des gens de partout, de tous les domaines : e santé, e formation, e gouvernance. C’est complètement transversal comme discipline et à ce titre, ça nous ouvre des portes incroyables pour le futur.