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Web à Québec 2012 (1)

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Nouveaux modes de gouvernance et d’innovation

 
Ville intelligente, intégration du Web 2.0, plateformes d’innovation ouverte, ouverture des données : plusieurs préoccupations rattachées aux nouveaux modes de gouvernance et d’innovation étaient à l’honneur lors de la 2e édition du Web à Québec, présenté du 22 au 24 février 2012 à l’Espace 400e. 
 
L’une de présentations les plus attendues autour de ce thème était, sans conteste, celle d’Henri-François Gautrin, leader parlementaire adjoint et député de Verdun, qui se consacre à l’analyse des incidences pour la société québécoise de l’utilisation du Web 2.0 par le gouvernement ainsi qu’à la proposition de stratégies d’action. Déception toutefois : le rapport du groupe de travail Gautrin 2.0, qui devait être présenté au Web à Québec, sera plutôt dévoilé, ultérieurement, pour des raisons stratégiques. « Je ne veux pas qu’il devienne un autre de ces rapports qui dorment sur les tablettes », dira le principal intéressé.
 
M. Gautrin s’est tout de même permis de présenter les trois idées maîtresses de son analyse. En premier lieu, l’idée de transparence s’impose : « Il faut faire un pas supplémentaire, c’est-à-dire qu’on ne doit pas simplement rendre accessible l’information, mais aussi la rendre utilisable ». Un a priori qui nécessite un engagement de plus en plus accentué du citoyen dans la prise de décision, celui-ci « ne voulant pas seulement être informé, mais souhaitant participer à l’acte de gouvernance ». Bien entendu, pour ce faire, une collaboration régulière entre gouvernement et citoyen doit être mise de l’avant, notamment, grâce aux médias sociaux. « L’Intranet du gouvernement doit être repensé pour intégrer ces technologies et, en ce sens, il doit aussi y avoir une préoccupation pour les questions de sécurité. »  
 

Québec, ville intelligente

 
Si le Gouvernement du Québec réfléchit à sa stratégie en matière d’intégration du Web 2.0 et des nouveaux modes de communication entre état et citoyen, d’autres administrations, au niveau municipal, ont déjà mis de l’avant plusieurs initiatives en ce sens. C’est le cas de la Ville de Québec, qui souhaite placer le citoyen au cœur de ses mesures technologiques. « Il faut que la technologie ait un rôle dans la facilitation de la vie du citoyen au quotidien », fait valoir Denis Deslauriers, directeur du Service des technologies de l’information et des télécommunications. La Ville a d’ailleurs récemment lancé son service de données ouvertes : « Les données qui sont dans nos coffres vont aux citoyens et peuvent avoir une deuxième vie. »
 
Une initiative qui s’ajoute ainsi au réseau ZAP Québec, au service de SMS autour du déneigement, à la carte interactive de la ville, au projet de coffre-fort virtuel, renforcement de la présence de la Ville sur le Web 2.0 et à une pléiade d’autres mesures, existantes ou en développement, autour des technologies. « Toutes ces initiatives vont contribuer à rendre la ville plus conviviale et plus attrayante », estime Gilles Noël, FCMA, directeur général adjoint des services de soutien à la Ville de Québec.
 

Ouvrir ses données

 
Même si certaines administrations progressent en ce sens, il n’en reste pas moins que, pour bien d’autres, l’ouverture des données représente toujours un enjeu de taille qu’il faut continuer à revendiquer. Et c’est ce que demandait Mario Asselin, directeur général chez Opposum, dans sa conférence « OpenGouv et Open Data : le mode résistance n’a plus sa place ». « La transparence, ce sont des vœux pieux. C’est à partir du moment où l’on lance des données ouvertes qu’on fait véritablement un pas. Ça aura pour effet de donner une puissance publique aux citoyens et ça permettra aux développeurs d’imaginer de nouveaux usages à ces données. L’idée, c’est d’encourager l’innovation, de créer un partenariat entre le gouvernement et le citoyen ».
 
À ce projet, M. Asselin identifie plusieurs résistances possibles venant expliquer, selon lui, les hésitations de certaines administrations : le risque de perdre le contrôle du message politique, les jeux partisans, la méfiance, le sentiment d’imputabilité quant à l’utilisation des données, ou encore la centralisation des pouvoirs. « Toutefois, c’est en étant public qu’on apprendra à régler grands et petits problèmes. La culture organisationnelle, c’est quelque chose qui doit se changer individu par individu. C’est normal d’avoir des peurs, d’avoir une obligation de résister, mais il faut travailler là-dessus », conclut-il.
 

Innovation ouverte

 
Et si l’on demande une plus grande ouverture de la part des gouvernements, qu’en est-il de l’entreprise, des institutions? Devrait-on également repenser nos manières d’innover? Oui, répondrait assurément Geoffroy Garon, consultant et formateur en marketing et management. Sa conférence a mis de l’avant la multitude d’options et de portails déjà existants sur le Web pour favoriser les échanges, le soutien et l’innovation. Wikipedia, Quirky, Kickstarter, FoldIt, Open Idéo, EdgeRyders : la liste était longue. « Tout cela n’est qu’une première étape », selon M. Garon. « Le futur, c’est l’approche des living labs, des écosystèmes ouverts, lieux physiques, pour susciter l’innovation. »