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Web à Québec 2012 (2)

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Vers une meilleure présence Web et mobile

 
L’heure est au changement en matière de Web et de mobilité : de nouveaux médiums prennent du galon, de nouveaux outils gagnent en popularité. Mais a-t-on pensé à adapter nos manières de faire face à ces nouveautés? Ces questions ont été soulevées à l’occasion du Web à Québec, du 22 au 24 février 2012 à l’Espace 400e, avec, en bonus, quelques pistes de solution.
 
« Y a-t-il urgence numérique au Québec? Et bien, si on ne change pas, il risque d’y avoir des conséquences graves pour l’économie du Québec », indique Nicolas Darveau-Garneau, directeur général de Google Québec, dès les premières minutes de sa conférence. En effet, pour lui, l’industrie québécoise semble oublier d’intégrer les nouveaux médias dans ses stratégies de mise en marché. De ce fait, il risque aussi de manquer le train de l’ère digitale. « Tous les ans, l’information digitale double. Il y a 500 millions de vidéos présentement sur YouTube, dans un an, il y en aura un milliard. De nouvelles industries se créent, du jour au lendemain. Certaines entreprises n’existaient pas il y a cinq ans et font aujourd’hui des profits de plusieurs millions ou milliards de dollars ».
 
À l’échelle internationale, l’entreprise et ses consommateurs passent de plus en plus par le Web, et ce, tant au Québec qu’au Canada ou qu’en Amérique du Nord. « Les recherches sur mobile ont augmenté de 400 % par année. Au Canada, c’est 50 % de la population qui aura un téléphone intelligent en 2012. » Selon M. Darveau-Garneau, les entreprises qui s’adaptent continuent de croître, celles qui résistent au changement tombent : « Les technologies peuvent avoir un impact violent. Les parts de Kodak, par exemple, n’ont pas chuté avant 2008, mais lorsqu’elles ont amorcé leur descente, elles sont tombées rapidement. Parallèlement, une entreprise comme Nikon, elle, avait amorcé son passage aux technologies digitales ce qui fait qu’aujourd’hui, son chiffre d’affaires est en croissance. »
 

Virage numérique

 
Ce changement se ressent à la base même de notre économie, soit chez les consommateurs. Au Canada, ces derniers passent 43 heures par mois sur le Web. Toutefois, ce médium ne représente actuellement que 16 % des investissements publicitaires. « Il y a beaucoup de changements fulgurants qui se passent en même temps, mais il y a aussi beaucoup de gens qui ne voient pas ce qui se passe, des entreprises qui ne font pas partie du changement. Le consommateur, lui, a compris, mais pas l’entreprise qui, dans bien des cas, lorsqu’elle fait du Web, fait beaucoup de choses qui ne sont pas bien sophistiquées. Les compagnies, d’ici, n’utilisent pas le Web de la bonne façon, alors que leurs consommateurs s’y trouvent! », observe Nicolas Darveau-Garneau.    
    
Il s’agit donc de bien comprendre ces outils, de bien les utiliser et les intégrer, et ce, quitte à changer la culture de l’entreprise, à intégrer des objectifs de performances aux équipes marketing. Tout cela, afin de ne pas rater ce passage obligé : « On n’a pas dix ans pour faire ce virage-là et il ne se fait pas dans le cadre d’une compétition locale, mais plutôt d’une compétition globale. »
 

Nouvelles manières de concevoir

 
Il faut changer nos manières de vendre, certes, mais aussi nos façons de concevoir. « Quelques petits changements peuvent mener à de grandes choses », remarque, d’emblée, le concepteur informatique et auteur Luke Wroblewski. Il faut dire qu’avec la généralisation des appareils mobiles, cette nécessité de renouveau se fait plus que jamais sentir sur le Web. Après tout, c’est 1,45 milliard d’appareils mobiles qui sont vendus chaque jour! « En fait, des analystes avaient déclaré que 2012 serait le moment où le nombre d’appareils mobiles vendus annuellement serait supérieur au nombre d’appareils existants. C’est arrivé deux ans avant la date prévue. »
 
Et, parallèlement, on assiste à un changement des habitudes des usagers informatiques : les ordinateurs personnels voient leur utilisation baisser de 20 % annuellement depuis 2008. Sur Twitter, c’est 55 % des usagers qui communiquent par mobile, 50 % pour Facebook. Ainsi, peu à peu, les appareils mobiles sont en train de supplanter les PC comme le mode d’accès au Web le plus répandu.
 
Évidemment, ce changement de paradigme nécessite aussi une adaptation des manières de faire, de créer, de concevoir pour le Web. Les utilisateurs naviguent sur le Web pour des sessions brèves comparativement aux ordinateurs portables. Et ils le font d’un peu partout, ce qui modifie aussi les usages typiques et les besoins de l’internaute. Ils utilisent leur téléphone intelligent lorsqu’ils s’ennuient, lorsqu’ils cherchent de l’information de manière urgente ou afin d’avancer certaines tâches lors de déplacements. « Les créateurs Web doivent partir des réalités des usagers mobiles et se demander ce qu’ils peuvent leur offrir, à partir de leur site, pour répondre à leurs besoins et, ensuite, ajuster l’organisation de l’information de manière adéquate », poursuit Luke Wrobewski.
 
Pour lui, ce développement doit remettre le contenu à l’avant-plan plutôt que le design. Pas question de proposer des sites de marque : il faut que l’usager n’ait pas à chercher, à creuser, pour trouver l’information dont il a besoin. Bref, repenser notre manière de planifier, de créer pour le Web. « Il faut intégrer la nouveauté plutôt que de se borner à reproduire ce qui a déjà été fait. »
 

Nouvelles habitudes de consommation

 
Par ailleurs, toujours à travers le mobile, ces nouveaux usages justifient aussi l’intégration de nouveaux outils pour la promotion. « La venue du mobile dans nos habitudes de consommation est venue bouleverser les manières de faire qui étaient établies. Par exemple, aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux à vérifier les prix à partir de leurs appareils mobiles, lorsqu’ils sont en magasin et à acheter ailleurs le produit qu’ils viennent de tester à partir de ce même appareil », remarque François Gaumond, directeur commercial chez Umen Innovation. 
 
Pour lui, le consommateur d’aujourd’hui a une attention qui est de plus en plus fragmentée, la capacité pour la publicité à l’engager et le capturer est donc de plus en plus difficile. « Il faut donc que l’entreprise optimise les canaux d’accès pour rejoindre le consommateur, mieux les sélectionner ». L’entreprise doit ainsi mieux connaître le consommateur pour savoir où et comment le rejoindre. « Ce qui est important dans cette approche multicanal, c’est l’utilisateur. Il faut en savoir le plus possible sur lui pour s’assurer de mieux pouvoir le servir et pour pouvoir mettre en place une stratégie permettant de cibler les canaux où il se trouve. »