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WebCamp 2012

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Des données ouvertes aux médias sociaux

 
Avait lieu, le jeudi 17 mai 2012, la nouvelle édition du WebCamp Québec, à l’auditorium de l’ENAP. Près de 150 personnes étaient au rendez-vous lancé par la Voix des entrepreneurs en TI de Québec (VETIQ) pour échanger et discuter, pendant une journée, de l’avenir et de l’évolution du Web. Voici un résumé de quelques-uns des propos énoncés.
 
Petite précision : l’événement WebCamp Québec se déroulait dans trois salles: une première était destinée aux « Geeks », une seconde, aux « Super Geeks » et une troisième, l’auditorium, visait à réunir des participants autour de thématiques et sujets jugés moins techniques, plus généraux. C’est dans cette dernière qu’on a choisi de participer où chaque thématique avait une durée d’une quinzaine de minutes, sauf exception. Dans cette salle, un animateur lançait et menait les débats, dirigeait la parole de l’un à l’autre des participants. Et, selon les sujets, l’audience s’enflammait. Ou pas.
 
La première thématique à véritablement animer les participants fut, sans contredit, la question du développement d’applications mobiles versus la création de sites Web mobiles. Devrait-on préconiser le développement de l’un, ou de l’autre? Après discussions, la réponse fut balancée. Si les AppStores ou Android Market représentent un marché intéressant pour se faire connaître et reconnaître, il n’en reste pas moins qu’on semble préconiser une évolution par étape : d’abord un site mobile, puis, au besoin, une application. Cela, pour des raisons de coût, certes, mais aussi en respect des besoins de la plupart des clients qui, même s’ils sont d’abord intéressés par l’application, devraient plutôt considérer le site adapté. En gardant en tête, évidemment, qu’applications et sites mobiles ne répondent pas aux mêmes besoins. « Selon moi, il y a un marché qui va se développer, dans lequel on va déterminer les situations dans lesquelles le mobile est plus pertinent que le desktop et, ainsi, voir de quelle façon le mobile peut réellement répondre aux besoins des usagers ».
 
Cela, avec cette impression chez certains des participants que les Québécois sont en retard en matière d’achats effectués grâce aux téléphones mobiles. « Le trafic mobile se fait-il surtout sur des sites américains? On parle tout de même de 40 % à 60 % des achats en ligne réalisés en province qui se font sur Amazon.ca ».
 

Médias sociaux

 
En parallèle, l’utilisation des médias sociaux, à diverses fins ou dans différents contextes, a aussi été propice à la discussion, tout particulièrement en lumière du mouvement de grève étudiante qui a été fortement relayé sur Twitter ou Facebook. Pour certains, le conflit a mis en lumière les difficultés rattachées aux réactions en temps réels générées sur ces réseaux : difficile de s’exprimer avec retenue lorsqu’on rédige « à chaud ». Et, pour certains, malgré la forte présence de ce sujet sur les médias sociaux, leur impact social réel demeure difficile à évaluer. « Il y a une tranche de la population qui voit ça d’abord comme un divertissement. » « Y a-t-il quelqu’un dont l’opinion a changé à cause des médias sociaux?  « Qui sait jusqu’à quel point le gouvernement agit à cause de ce qui se dit sur la toile? Est-ce qu’il va apprendre de ce type de réaction. »
 
Les campagnes de financement réalisées avec l’aide des médias sociaux semblent également générer leur lot de défis. « Comment transforme-t-on la sollicitation en ligne afin de la rendre plus sociale? Comment innover plutôt que copier? » Pour les participants, le défi demeure d’atteindre de nouvelles clientèles tout en renforçant les acquis déjà en place. « Le Web est tellement grand que, si on lance quelque chose de trop vaste, de trop large, rapidement, ça ne nous concerne plus ». Pour les participants, la campagne des « Têtes rasées » de LEUCAN est, à ce titre, un beau succès permettant à l’organisme de profiter des réseaux de leurs donateurs, assises fortes dans la communauté. Pour le meilleur ou pour le pire : « Ça donne aussi du jus au côté narcissique des gens, ça leur permet de se mettre en valeur sur leur fil Facebook! »
 

Données ouvertes

 
Le développement, à Québec autant qu’au Québec, des données ouvertes a également suscité bien des échanges et perspectives, tout particulièrement, en lumière du rapport de la commission Gautrin récemment rendu public par le gouvernement du Québec. « L’industrie devrait être au fait : il y a là des recommandations qui auront un impact et qui viendront changer la donne à moyen terme », lancera l’un des participants. Cette phrase marquera le début d’un échange rythmé entre des représentants d’organismes citoyens tels que la Démocratie ouverte, la Capitale ouverte, la Ville de Québec et divers entrepreneurs et spécialistes Web.
 
« Il faut voir comment l’industrie peut tirer parti du gouvernement ouvert. Il faut proposer des choses au gouvernement plutôt que d’attendre qu’il nous le demande. » « Ma crainte, face à cela, c’est qu’on ouvre des données, mais que, en parallèle, on continue à octroyer des contrats en mode traditionnel pour les utiliser à l’interne! Il faut voir qui va accepter ces projets et quels seront leurs cadres d’applications. » « Il faut rappeler que tout ce qui est non nominatif n’appartient pas à l’État. Ce n’est donc pas à l’État de voir au développement d’applications spécifiques ». « Il faut sortir du mode où le gouvernement est un fournisseur de services et où le citoyen est un consommateur. Le citoyen doit se prendre en main et faire des affaires pour lui-même!”
 
Des défenseurs des données ouvertes en ont profité pour rectifier le tir : « La libération des données n’est pas réalisée pour informer les citoyens, mais pour leur permettre de participer à leur mise en valeur. L’objectif, c’est qu’ils s’emparent de ces données pour améliorer les services ». Pour plusieurs, d’un côté comme de l’autre, il faudra que la sphère publique continue de s’impliquer dans le dossier pour s’assurer que la démarche ait des retombées positives. Des initiatives à l’image du Hackaton réalisé lors de l’événement Web à Québec ont d’ailleurs été soulignées.
 
Les participants ont également soulevé plusieurs questions et inquiétudes autour du dossier. « Peut-on garantir l’exactitude des données diffusées? » « On doit parler de pertinence et de bénéfices plutôt que de principes et d’idéologies. » « Qui sera responsable, imputable, de ce qui est réalisé avec ces données?” Cela dit, un élément de réponse est clair : « Il faut sortir du discours théorique. Une fois les données libérées, l’administration publique ne sait pas ce qui sera fait avec et c’est correct. S’il y a erreur, les gens peuvent réagir, peuvent intervenir! ».
 

Clientèles

 
Les discussions à l’auditorium de l’ENAP ont aussi touché à de nombreux sujets : processus d’appel d’offres du gouvernement du Québec et du gouvernement du Canada, virage sémantique de Google, monétisation des applications, outils de monitorage et impact de la vitesse des changements technologiques sur le développement d’applications, entre autres thématiques.
 
Les participants ont aussi soulevé plusieurs questions quant à l’état des lieux de leur marché principal, celui de la Capitale. « On a l’impression qu’il manque des clients d’une certaine envergure, ici, qu’il n’y a que deux gros clients, soit le gouvernement et les compagnies d’assurances ». « Est-on en mesure de communiquer, de diffuser notre expertise à l’extérieur? Ou est-ce que le confort qu’on a dans notre milieu écrase notre volonté à relever de nouveaux défis? » « En ce sens, devrait-on offrir des produits plutôt que de faire du service? Les produits, ils se vendent à l’international, alors que les services, eux, ne se vendent que localement ». Bref, un objectif commun de renforcer et de développer les entreprises technologiques dans la Capitale et d’encourager leur développement hors de ses limites physiques.
 
Il faut ajouter, à cela, la nécessité pour les participants de développer et renforcer les canaux d’échanges entre clients et entreprise pour favoriser l’émergence d’un discours commun et un meilleur réseautage entre l’ensemble des acteurs du milieu. La solution appelle, pour plusieurs, à mieux exploiter les opportunités offertes lors d’événements de grande envergure existants, tels que le Web à Québec, ou la Journée de l’informatique du Québec, et lors d’autres activités avec un public plus restreint, qui pourraient être mieux exploités ou simplement développés. « On devrait faire l’éducation de nos clients plutôt que de mener des activités de promotion pour faire de ce client un partenaire ». « Il faut trouver et développer des canaux d’échanges ».