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Voyager grâce à la panophotographie

 
Il n'est pas donné à tous de faire le tour du monde. Et c'est malheureux, car il y a tant à découvrir: cultures, paysages, architectures. Mais, en transposant le réel dans l'univers virtuel, l'inaccessible peut devenir accessible. Réalisateur hypermédia et étudiant au doctorat à l'Université Laval, le chercheur Tito Dupret a tenté de relever ce défi avec son portail Patrimonium-mundi.org.
 
Tout a commencé en 2001. En Afghanistan, des intégristes religieux, alors au pouvoir, détruisent à l'arme lourde les bouddhas millénaires de Bamiyan. Tito Dupret, comme beaucoup d'autres dans le monde, assiste, impuissant, à cette destruction. Ce fut l'étincelle : il fallait agir. La liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en tête, un appareil photo en main, il quitte sa Belgique natale pour un tour du monde qui dure depuis 10 ans. De l'Afrique à l'Asie, des Amériques à l'Europe, il documente ce patrimoine et le capture dans une sphère numérique, grâce à la panophotographie.
 
Cette technique, qui permet de créer une photographie à 360°, du haut vers le bas et de la gauche vers la droite, lui permet de recréer les lieux qu'il visite. Et, grâce au Web, de rendre accessible à tous ces images très hautes résolutions. En un clic, on peut ainsi se déplacer de la vieille ville de Jérusalem aux grottes de Yungyang, des antiques tombes des pharaons égyptiens, au mont Everest ou jusqu'à la Place-Royale, près du fleuve Saint-Laurent. En un autre clic, on zoome sur ces détails, on voyage à l'intérieur même de l'image. Aujourd'hui, ce sont presque 300 sites qui sont ainsi documentés, parfois même les seuls témoins d'un patrimoine en perpétuel changement, voire disparu.
 
Actuellement, pour Tito Dupret, la prochaine étape c'est de boucler la boucle. Après être passé du réel au virtuel, il veut faire le chemin inverse et transporter son monde virtuel vers le monde réel afin de créer un dispositif muséal, immersif, éducatif, capable de projeter les images panophotographiques dans leur entièreté. Un passage nécessaire, selon le chercheur, puisqu'il permettra au public d'avoir un contact privilégié avec ces espaces, de pouvoir y être sans y être. Et par des partenariats qu'il est en train de forger, notamment avec les planétariums de Montréal et de Denver, le chercheur risque bien de parvenir à ses fins d'ici quelques années.
 
En attendant, il laisse aux quelque 500 000 internautes qui fréquentent annuellement Patrimonium-mundi.org un témoignage précieux sur le sort que le temps présent réserve aux merveilles du passé.
 
Pour information : www.patrimonium-mundi.org.