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Technoculture Camp 2013

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Favoriser les échanges  

Ils étaient plus de 200 personnes, issus des milieux culturel, technologique ou universitaire, à s’être rassemblés à l’Hôtel PUR de Québec, le mardi 29 janvier 2013, pour une troisième édition du Technoculture Camp. Et tous avaient en tête l’objectif d’échanger, de réfléchir, autour de projets structurants et, ce faisant, de susciter des collaborations et des partenariats. Bref retour sur les projets présentés.
 
D’emblée, la table est mise par Milad Doueihi, titulaire de la Chaire de recherche sur les cultures numériques à l’Université Laval. « Il n’y a pas de culture sans partage », a-t-il souligné. Au fil de son propos sur l’évolution du numérique et sa place dans notre société, aujourd’hui, il rappellera notamment l’importance pour l’industrie culturelle et créative « d’imaginer une nouvelle façon pour le citoyen de s’engager dans sa sphère locale ». Un pont, fort à propos, vers les quatre projets sélectionnés par les organisateurs de cet événement, chapeauté par la Voix des entrepreneurs en TI de Québec (VETIQ) et le CLD de Québec.
 

Médialab

 
C’est Vincent Routhier, président et chef de la direction de SAGA Films, qui a pris la parole, pour présenter le premier projet de la journée : le Médialab. Développé dans le cadre des programmes ACCORD du Gouvernement du Québec, Médialab vise un partage plus grand entre chercheurs et le milieu des affaires de la Capitale, autour de projets liés aux arts numériques et divertissement interactif. « On veut réduire les silos, sortir les entrepreneurs et les centres de recherche de leur zone de confort », a-t-il indiqué, soulignant l’importance de renforcer et développer des partenariats dans ce domaine.
 
Au fil de l’atelier, le projet a suscité plusieurs échanges et discussions. « On voit, ici, moins une approche de transfert, mais plutôt une approche de collaboration avec entrée par le besoin ou par l’idée », a ainsi noté Stéphane Roche, professeur au  Département des sciences géomatiques de l’Université Laval. « En fait, ce Médialab, c’est un peu la deuxième étape, après le réseautage : c’est la mise en commun des projets », a lancé, de son côté, le cinéaste Samuel Matteau.
 

Les Productions Rares

 
Alors que certains projets étaient d’ores et déjà lancés, d’autres étaient peut-être à une phase plus embryonnaire. C’était le cas des Productions Rare, présenté par son idéateur, Louis-Robert Bouchard. Lui aussi vise à faire des ponts entre les milieux des technologies, de la culture et de la recherche, mais dans un axe événementiel. « On veut être là pour faire des ponts entre tous les créateurs et les créatifs de la ville de Québec, autour du financement, de la gestion du projet, du réseautage, et le reste ». Il lance son aventure avec quelques grands objectifs : créer et développer des projets interdisciplinaires, intégrer l’interdisciplinarité à des projets déjà existants et, enfin, organiser et gérer ces événements. 
 
Après l’atelier, Louis-Robert Bouchard a indiqué que tout était encore à construire pour les Productions Rares : « C’est une idée très, très embryonnaire. Et, dans cette idée, devrait-on avoir une offre de service, développer le principe d’une coopérative de travailleurs autonomes? Tout est à construire ». « C’est toujours de l’échange que les projets voient le jour », a noté Milad Doueihi, face à ce côté embryonnaire.
 

Muséomix

 
C’est du Musée de la civilisation qu’est venu le projet suivant, le Muséomix : une occasion de rencontre, interdisciplinaire, autour d’une volonté de développer des outils technologiques qui rendront la compréhension du patrimoine et de la culture plus aisée. À l’exemple d’une expérience similaire réalisée à Lyon, en 2012, le Musée de la civilisation réunirait une centaine de créatifs, séparés en 10 équipes. Ils auraient trois jours, de manière intensive, pour penser et développer un dispositif de médiation autour d’une pièce ou d’un ensemble de pièces présentes au Musée. Un projet, qui, à bien des égards, peut se comparer à des compétitions telles l’IronWeb ou le Bivouac urbain.  
 
En atelier, le projet a tout particulièrement suscité des échanges autour du côté humain de l’aventure proposée par l’équipe du musée. « C’est quelque chose que j’ai vécue, qu’on veut améliorer, qui est souhaité par les autres utilisateurs, que l’aspect lié au travail d’équipe de l’expérience s’améliore », a souligné la chargée de projet, Ana Laura Baz, du Musée de la civilisation. « Il faut savoir pratiquer la tolérance lorsqu’on est dans une initiative comme le Muséomix. Et, souvent, si l’on accepte d’être tolérant, on va produire quelque chose de remarquable », a, pour sa part, commenté M. Doueihi.
 
Quant à l’idée de la contrainte liée aux trois jours de production et à l’aspect intensif de l’expérience proposée par l’équipe du Musée, le chercheur la voyait d’un œil fort positif : « Il faut avoir certaines contraintes dans la création, c’est essentiel pour faire avancer les choses ».
 

La Ruche

 
Le dernier projet présenté concernait le financement des initiatives en technoculture de la Capitale : la Ruche, lancé par le mouvement de gens d’affaires Ça bouge à Québec. Il s’agit ici d’une plateforme Web de financement participatif, inspiré de la mouvance du crowdsourcing. Citoyens de tout acabit sont invités à contribuer, financièrement, à divers projets présentés sur la plateforme Web. Une fois l’ensemble du financement d’un projet obtenu, celui-ci peut démarrer et les fonds sont ainsi débloqués. Si, pour une raison ou pour une autre, les objectifs monétaires ne sont pas atteints, l’argent promis est tout simplement retourné aux contributeurs. « Tout projet soumis à La Ruche, pour s’y qualifier, devra laisser une empreinte sur Québec », a spécifié le porte-parole de La Ruche, Jean-Sébastien Noël.
 
Suite à l’atelier, une date pour le lancement du projet a été avancée : le 1er avril 2013. « Le défi, ce sera d’aller chercher des projets. S’ils y sont, alors, naturellement, cette plateforme-là permettra l’effervescence de notre ville et la prise en charge par ses citoyens de son essor économique et culturel », a expliqué M. Noël, soulignant qu’il espérait avoir 15 projets à proposer lors de ce lancement.  
 
En définitive, l’équipe d’organisation a souligné, une nouvelle fois, l’importance du partage des expertises d’un domaine à l’autre : « Il faut briser les silos et enrichir la collaboration par le biais d’échanges », a ainsi conclu Jean-Pierre Bédard, directeur général adjoint du CLD de Québec.